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MMOIRES DU DUC DE ROVIGO, POUR SERVIR L'HISTOIRE DE L'EMPEREUR
NAPOLON.

* * * * *

TOME TROISIME.

* * * * *

PARIS,

A. BOSSANGE, RUE CASSETTE, N 22.

MAME ET DELAUNAY-VALLE, RUE GUNGAUD, N 25.

1828.

* * * * *




CHAPITRE PREMIER.

L'Autriche menace de reprendre les armes.--Dispositions pour la
contenir.--Mesures administratives.--Organisation de la
Prusse.--L'empereur chelonne ses troupes sur la Vistule.--Prtentions
de l'Angleterre.--Blocus continental.


Pendant que nous achevions de disperser les forces qui nous taient
opposes, l'empereur s'occupait d'asseoir sa position. Nous longions la
Bohme pour courir aux Russes; l'Autriche en prit occasion d'affecter
des craintes pour sa neutralit; et, comme si nous n'eussions pas eu
assez de l'hiver et des Moscovites, elle feignit de redouter que nous ne
franchissions les gorges de ses montagnes que pour la chercher.
L'empereur ne pouvait se mprendre au prtexte: l'irruption de la
Bavire lui avait appris le cas qu'il devait faire de la foi des
cabinets. Il appela une nouvelle conscription, la fit rapidement arriver
sur le Rhin, admit sous ses drapeaux les troupes de l'lecteur de Hesse,
qui venaient d'tre licencies. Il les envoya, partie en France, partie
en Hollande et Naples; il les loigna, en un mot, des lieux o on et
pu les ameuter contre nous. Il ne se borna pas ces mesures; il fit
armer les places, occuper les dbouchs qui couvrent l'Italie; il runit
des troupes considrables Vrone, Brescia, sur l'Izonso; le roi de
Bavire en assembla sur l'Inn. Nous fmes bientt en mesure sur tous les
points.

Un autre objet non moins important tait de rgulariser l'action de la
conqute. L'empereur y pourvut avec la supriorit de vues qui lui tait
propre; il donna une nouvelle organisation aux vastes possessions que le
sort des armes lui avait livres; il divisa la Prusse en quatre
dpartemens, auxquels il assigna pour chefs-lieux, Berlin, Custrin,
Stettin et Magdebourg. Il fixa les limites de chacun, conserva les
subdivisions, les institutions qui pouvaient faciliter la marche des
affaires; il ne dplaa aucun fonctionnaire, laissa chacun grer son
emploi, juger, administrer, et se borna exiger qu'ils ne tournassent
pas contre lui la portion d'autorit dont il leur continuait
l'exercice[1]. Un administrateur gnral des finances et des domaines,
un receveur gnral des contributions, furent chargs de surveiller, de
diriger l'action de cette vaste machine, et de prendre les mesures que
les circonstances exigeraient. Chaque dpartement reut aussi un
commissaire imprial, qui assistait aux dlibrations des chambres de
guerre et des domaines, et chaque province un intendant, qui remplissait
les fonctions de prfet. Des receveurs particuliers furent institus
pour veiller aux recettes, constater les versemens.

Les mouvemens, les passions qui agitaient la Prusse, exigeaient des
moyens de rpression capables de rprimer le pillage et la malveillance.
Des brigades de gendarmerie furent dtaches; le gouverneur gnral
devait en dterminer l'emplacement et la force, mais elles ne pouvaient
se recruter que parmi les propritaires du pays. Les commandans
particuliers conservrent, en outre, auprs d'eux, des piquets de
troupes franaises.

Berlin, comme centre du mouvement, mritait une attention particulire.
L'empereur unit sa magistrature aux lections: deux mille bourgeois se
runirent, et choisirent soixante magistrats, pour les gouverner. Ils
formrent galement une garde nationale de seize cents hommes pour faire
la police de leur ville.

Les revenus, qui s'tendirent bientt la Hesse, au Hanovre, au duch
de Brunswick, au Mecklembourg et aux villes ansatiques, prvinrent le
gaspillage, assurrent des rentres abondantes, et pourvurent aux
besoins de l'arme, sans fouler le peuple.

L'empereur tait encore occup organiser la Prusse, lorsque les
dputs du palatinat de Posen vinrent lui prsenter les voeux de leurs
concitoyens, et le solliciter de proclamer l'indpendance de leur
patrie. Il les accueillit avec une bienveillance particulire, mais
refusa de faire la reconnaissance qu'ils demandaient. La France, leur
dit-il, n'a jamais reconnu les diffrens partages de la Pologne; je ne
puis nanmoins proclamer votre indpendance que lorsque vous serez
dcids dfendre vos droits, comme nation, les armes la main, par
toutes sortes de sacrifices, celui mme de la vie. On vous a reproch
d'avoir, dans vos continuelles dissensions civiles, perdu de vue les
vrais intrts et le salut de votre patrie. Instruits par vos malheurs,
runissez-vous, et prouvez au monde qu'un mme esprit anime toute la
nation polonaise.

Je cite cette rponse parce qu'elle fait voir combien sont dnus de
sens les reproches que l'on a faits l'empereur de n'avoir pas proclam
l'indpendance de la Pologne au dbut de la campagne de 1812.
L'indpendance est une force; rien ne peut l'empcher de la reconnatre
lorsqu'elle existe, tandis que la proclamer lorsqu'elle n'existe pas,
c'est prendre pour un intrt tranger un engagement dont on ne peut
mesurer les suites. L'empereur rpta, en 1812, ce qu'il avait dit en
1807, et ne pouvait, sans compromettre la France, faire plus qu'il n'a
fait.

Je reviens aux affaires de Prusse. Avec quelque instance que
Frdric-Guillaume et sollicit un armistice, l'empereur n'avait mis
qu'une mdiocre confiance en ses protestations. C'tait moins d'ailleurs
ce prince que l'Angleterre qu'il voulait atteindre, et il savait que
celle-ci, toujours ardente provoquer la guerre, tait insensible aux
malheurs de ses allis. Il prit ses mesures en consquence; il disposa
ses corps de manire prendre immdiatement possession des places dont
il exigeait l'abandon, et marcher aux allis suivant que l'armistice
serait ou ne serait pas ratifi. Ses ordres avaient t donns dans
cette double hypothse; rien n'tait prcis comme les instructions qu'il
avait fait expdier au grand-duc de Berg.

L'empereur, mandait ce prince le major-gnral, me charge de vous
faire connatre qu'il vient de recevoir des dpches du marchal Davout,
dates de Sampolno, le 20, deux heures du matin. Il rsulte de ces
dpches que les Russes sont arrivs, le 13, Varsovie, et que, le 18,
ils avaient une avant-garde d'infanterie et de cavalerie le long de la
rivire de Bsura, c'est--dire plus de dix lieues de Varsovie, sur
Jochazew et Lowicz. Par l'ordre que j'ai envoy ... le 18, je lui ai
prescrit, dans le cas o il ne serait pas entr Thorn, de longer la
rive gauche de la Vistule, en s'tendant sur la droite. Le marchal
Augereau a eu l'ordre de suivre les mouvemens du marchal Lannes une
journe en arrire. Sur ces entrefaites, l'armistice est venu. Le
marchal Duroc est arriv, le 20, Grandentz pour rejoindre le
quartier-gnral du roi de Prusse; et, dans le cas o le roi de Prusse
aurait ratifi la suspension, l'empereur avait dcid que le marchal
Lannes, avec son corps d'arme, occuperait Thorn; que le marchal
Augereau occuperait Grandentz et Dantzick, et qu'enfin le marchal
Davout occuperait Varsovie, mais dans le nouvel tat de choses, S. M.
pense que le marchal Davout seul ne suffirait pas pour occuper
Varsovie, mme pendant le temps de l'armistice. L'intention de
l'empereur, monseigneur, est donc que vous vous rendiez Varsovie avec
la brigade du gnral Milhaud, qui a t augmente du 1er rgiment de
hussards; avec la brigade du gnral Lasalle, partie aujourd'hui de
Berlin; avec les divisions Klein, Beaumont et Nansouty: ils sont avec le
marchal Davout depuis plusieurs jours; enfin, avec le corps d'arme de
M. le marchal Davout tout entier et celui de M. le marchal Lannes, ce
qui fera plus de cinquante mille hommes. Si la suspension d'armes est
ratifie, la cavalerie lgre bordera la rivire de Bug, et le reste de
vos troupes cheval sera cantonn plusieurs jours de Varsovie, de
manire pouvoir vivre facilement; et ces troupes s'tendraient
davantage mesure que les Russes s'loigneraient, et que les
dispositions de la suspension d'armes se trouveraient excutes. Le
corps du marchal Augereau occuperait Thorn, Grandentz et Dantzick,
tenant ses principales forces Thorn. Voil, monseigneur, les
dispositions pour le cas d'armistice.

Si, dans la supposition contraire, la suspension d'armes n'est pas
ratifie par le roi de Prusse, le marchal Augereau maintiendra sa
brigade de cavalerie sur l'extrmit de la gauche, prs de Grandentz,
bordant la Vistule, et il filera avec toute son infanterie, en suivant,
une marche en arrire, le marchal Lannes, la rive gauche de la
Vistule, par Bresec et Koweld; de manire que, si vous pouviez penser
que l'ennemi voult risquer une bataille avant d'vacuer Varsovie, le
marchal Augereau puisse vous joindre, hormis sa cavalerie, qui
resterait toujours dtache le long de la Vistule pour observer la
gauche. Vous aurez bien soin, monseigneur, si l'ennemi passait la
Vistule Varsovie, que le corps du marchal Augereau se trouvt
toujours assez lev le long de ce fleuve pour dfendre le passage entre
Varsovie et Thorn, et maintenir la jonction du corps d'arme qui se
runira Posen avec celui de Varsovie. Ainsi donc vous recevrez cette
lettre le 24; vous expdierez de suite les ordres ci-joints aux
marchaux Lannes et Augereau, et vous vous porterez de votre personne
Sampolno, de manire pouvoir arriver Varsovie, avant le 30 du mois,
avec votre rserve de cavalerie et avec les corps des marchaux Davout
et Lannes, si la suspension d'armes est ratifie, et vous laisserez le
corps du marchal Augereau Thorn pour occuper Grandentz et Dantzick;
et si la suspension d'armes n'est pas ratifie, vous arriverez
Varsovie avec votre rserve de cavalerie, les corps des marchaux
Davout, Lannes et Augereau, et vous aurez sur le champ de bataille
quatre-vingt mille hommes.

Le 24 de ce mois, la tte du corps du marchal Ney arrivera Posen, o
son corps d'arme sera runi le 26, fort d'environ douze mille hommes,
par les corps qu'il a t oblig de laisser, tant pour la garnison de
Magdebourg que pour l'escorte de prisonniers.

Le 25, le corps entier du marchal Soult sera runi
Francfort-sur-l'Oder.



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